Mais sur ventre enceinte
Grossesse

Comment j’ai évité ma césarienne programmée !

J’avais une césarienne programmée fin octobre et j’ai accouché mi novembre par voie basse, avec un bébé en siège (Et oui c’est possible ! Un article est prévu à ce sujet bientôt). Bien souvent les césariennes programmées sont acceptées par les mamans par manque de renseignements ou de second avis d’un autre hôpital. Heureusement, maintenant, il y a internet pour s’informer plus facilement et plus rapidement. Si je n’avais pas insisté, je n’aurais pas eu la chance d’avoir un accouchement naturel et cela aurait eu des impacts sur mes futurs projets d’accouchement. Je fais référence ici à l’accouchement dans l’eau qui est interdit aux femmes ayant déjà subit une césarienne. (Un article sur le projet d’accoucher dans l’eau est prévu.)

Mes projets d’accouchement furent changés à plusieurs reprises pendant ma grossesse. Pour découvrir un peu plus mon parcours, voici un récapitulatif du déroulement atypique de ma grossesse du point de vue médical. Vous n’allez pas vous ennuyer, vous pouvez me croire.

Mon début de grossesse

Je suis tombée enceinte en février. C’est la première grossesse et par conséquent l’inconnu pour mon compagnon et moi. J’ai très vite partagé la nouvelle avec ma soeur, qui venait d’avoir une petite fille 9 mois plus tôt. Il m’a semblé normal de me tourner vers elle pour mes questions. Je savais qu’il y a un risque de fausse couche avant 3 mois, et que l’on garde souvent pour soi cette merveilleuse surprise, en attendant d’être “sûre” que tout aille bien. Ne sachant pas comment le monde médical fonctionne lorsque l’on est enceinte, je n’ai pris aucun rendez-vous avant un petit moment. D’ailleurs, si je n’avais pas eu de complications je ne sais même pas quand j’aurais pensé prendre rendez-vous avec une sage-femme ou un hôpital ! (C’est pour cela que je vais créer une catégorie administrative pour vous accompagner du début de votre grossesse à la parentalité.)

Les urgences

Comme vous l’avez compris, je n’ai pas eu la chance de vivre une grossesse fluide dès le début. En mars, des saignements sont apparus. Lorsque c’est arrivé j’étais au travail. Paniquée, pensant que j’étais entrain de faire une fausse couche, mon mari est venu me chercher à toute hâte et nous sommes allés aux urgences. Voilà comment s’est passée ma première rencontre de début de grossesse avec le corps médical.

Pendant plus d’un mois et demi, j’ai perdu du sang, dû à un hématome dans l’utérus. (J’écrirai un article spécialement sur ce problème d’hématome rétroplacentaire qui peut survenir pendant la grossesse et dont on ne parle pas beaucoup.) Dans cet hôpital, la gynécologue m’a alors demandé où j’étais suivie et si j’avais déjà choisi ma maternité. A ce moment là, j’ai compris que j’étais “déjà en retard” côté administratif car je n’y avais même pas pensé !

Prends des rendez-vous dès que tu sais que tu es enceinte !

Par la suite, j’ai été suivie par une sage femme libérale, qui m’a conseillé de prendre rendez-vous avec une maternité pour faire la première échographie des 3 mois de grossesse. J’ai tout d’abord appelé l’hôpital proche de mon travail pour éviter de faire trop de route pour les rendez-vous trimestriels (nous vivions à 1 heure de voiture de mon travail). Mais j’ai été vite recalée car j’appelais beaucoup trop tard, il n’y avait déjà plus de place. Je me souviens encore de la phrase que m’a dite la secrétaire : “Mais c’est dans 15 jours ! Il est trop tard, il fallait prendre rendez-vous avant.” avec un ton désagréable comme si c’était évident. Il faut être prévoyante quand on est enceinte, et le savoir, ce n’était pas mon cas à ce moment là et je me suis dit que cela devait être la même chose pour beaucoup de femmes. J’ai même appris qu’à Paris il y a des listes d’attente de quasiment 9 mois pour s’inscrire dans la maternité souhaitée ! Bref, dès que l’on est enceinte la première chose à faire est d’appeler un hôpital pour prendre le rendez-vous de la 1° échographie, et d’aller voir une sage femme pour être accompagnée.

L’hôpital qui a suivi ma grossesse

Finalement j’ai réussi à avoir un rendez-vous dans une maternité à 20 minutes de mon domicile. Mon gynécologue m’a suivie pour les échographies recommandées des 3 – 5 – 7 mois. Et j’y retournais en urgences tant que mon souci d’hématome n’était pas résolu.

Lors de la 2° échographie de contrôle, mon gynécologue m’a demandé si je m’étais inscrite dans leur maternité. Cependant, mon projet de naissance était un accouchement aquatique. J’en avais toujours rêvé et j’avais hâte de le faire. Mais étant donné que les hôpitaux effectuant ce type de mise au monde sont rares, je devais m’inscrire dans une autre maternité.

La maternité de Guingamp et mon projet d’accoucher dans l’eau

Baignoire accouchement aquatique

J’avais entendu dire que la maternité de Guingamp réalisait des accouchements aquatiques. Nous nous sommes donc inscrits dans cette maternité au 6° mois de grossesse. En faisant des recherches, j’ai appris que seules 6 maternités en France étaient habilitées à le pratiquer. Quelle chance j’avais d’habiter près d’une d’entre elles ! Nous avons visité la maternité, vu les baignoires dans lesquelles je pouvais accoucher. Je me suis imaginée y donner la vie, la pièce me semblait chaleureuse. Mais c’était sans savoir que mon bébé était en siège et qu’il ne comptait pas se retourner…. Ce projet est par conséquent tombé à l’eau (c’est le cas de le dire) car un autre des critères pour pouvoir accoucher dans l’eau est la position du bébé : tête en bas.

Mon bébé était en siège

Je fus triste d’apprendre que mon bébé était en siège à la 3° échographie, cela changeait mes plans. J’ai tout de même demandé si je pouvais donner la vie par voie basse. Malheureusement, là où j’étais suivie, ce serait une césarienne programmée. J’ai alors décidé de rester inscrite à la maternité de Guingamp car ma famille était plus proche de moi si j’accouchais là-bas. Et je savais que j’aurais besoin de soutien, une fois mon bébé dans mes bras.

Une peur viscérale de la césarienne

Pendant ma grossesse ma vision de la césarienne a aussi évolué. Au début, cela me paraissait plutôt pratique. Je me disais que je ne souffrirais pas des contractions (d’ailleurs plus la date du terme approchait, plus je les appréhendais ). La césarienne programmée a un avantage, on connait LA date, pour l’organisation c’est plus simple !

Et puis une peur, plus forte que moi, m’a envahie quand on m’a annoncé la césarienne, et que j’ai commencé à lire des informations dans des livres ! (pendant la grossesse des peurs incontrôlables peuvent survenir, ne t’inquiète pas si c’est ton cas actuellement, c’est tout à fait normal 😉 ) Dès lors, je ne voulais plus de césarienne, l’idée d’en avoir une me terrifiait. Et j’ai tout faire pour l’éviter. Il faut savoir que ma mère et ma soeur ont, elles aussi, eu des césariennes. Je suis moi-même née d’une césarienne programmée. Je voulais rompre avec ce schéma qui se répétait encore une fois.

Evidemment je parle de la peur qui me traversait pendant cette période. Car si mon bébé avait été en danger le jour J, j’aurais comme toutes les femmes accepté la césarienne, car le plus important est d’avoir son enfant dans ses bras. Mais je refusais qu’on m’impose de programmer une césarienne alors que pour moi tout pouvait arriver jusqu’à la dernière minute qui précède le début du travail d’accouchement. Et intérieurement, je sentais que je pouvais le faire. Je savais au plus profond de moi, que mon corps était fait pour ce petit garçon, et qu’il pourrait sortir par voie basse.

On me programme une césarienne

Au 8° mois de grossesse, c’est la maternité dans laquelle tu es inscrite qui prend la suite de ton suivi. Cela permet aux différents spécialistes d’avoir le temps d’étudier ton cas, il y a un rendez-vous avec une sage femme, puis un rendez-vous avec les anesthésistes. La sage femme m’a une nouvelle fois confirmé la position de mon bébé en siège et m’a prévenue que j’aurais un rendez-vous avec un gynécologue pour faire une dernière écho de contrôle au cas où il se retournerait, sinon ce serait une césarienne.

Retourner son bébé

J’avais déjà entrepris de retourner mon bébé naturellement, ce fut mon premier espoir, pour échapper à l’opération. Je suis allée voir un ostéopathe, une acupunctrice, j’ai essayé l’argile sur le ventre, la lumière que l’on déplace, la musique, les positions 4 pattes après une douche bien chaude, j’ai tout essayé.

Quand le gynécologue m’a ausculté, notre fils n’avait pas bougé. C’était maintenant l’heure de programmer cette césarienne. J’avais envie de pleurer mais je me retenais. La VME (retourner bébé manuellement) n’était pas une option dans mon cas, car il n’y avait pas assez de liquide amniotique et comme j’avais aussi une suspicion de cloison il ne voulait pas prendre de risque.

Un espoir d’accoucher par voie basse

Ma césarienne fut programmée pour fin octobre. Mais j’apprends en discutant avec mon nouveau gynécologue que dans un autre hôpital pas très loin, l’accouchement d’un bébé en siège est possible. J’insiste donc pour avoir plus de renseignements. Il me parle alors de la taille du bassin, qu’en fonction des dimensions c’est possible ou non et il me programme un pelviscanner.

Le pelviscanner : mesurer les dimensions du bassin

Quand je reçois les résultats après avoir insisté pour les obtenir, je vois qu’ils sont tous, exceptés 2, supérieurs à ceux de référence. Je regarde sur internet ceux qui sont nécessaires pour accepter ou non un accouchement voie basse : les miens sont bons !

D’ailleurs, je n’en reviens toujours pas d’avoir dû demander mes résultats, et d’avoir dû faire la démarche pour être prise dans un autre hôpital. Mon gynécologue en ayant eu mon pelviscanner et sachant que j’aurais aimé accoucher par voie basse, maintenait quand même la césarienne programmée et ne m’avait absolument pas prévenue des résultats…. Si j’avais été à sa place, j’aurais directement contacté la femme enceinte et je lui aurais proposé soit de la transférer dans une autre maternité pour l’accouchement naturel soit de conserver la césarienne. En tout cas, j’aurais prévenu, cela me parait évident !

Les chiffres à regarder pour savoir si votre bassin est assez large sont :

  • Promoto-rétro-pubien
  • Le transverse médian
  • Le bi-sciatique
  • Et l’indice Magnin qui détermine si le bassin est assez large pour un accouchement.
Pelviscanner
Mes résultats du pelviscanner

On peut accoucher par voie basse avec un bébé en siège

Mon bassin est grand, c’est le premier critère pour validation. Je rencontre une gynécologue de ce nouvel hôpital, qui discute avec moi de l’accouchement. Elle me précise que je dois accepter la péridurale, si je veux effectuer la mise au monde naturelle. Ce n’était pas dans mes projets de naissance, mais j’ai fait une concession là-dessus, car le plus important pour moi à ce moment là, était qu’on accepte que j’accouche par voie basse.

D’après les mesures de mes dernières échographies, j’ai un petit bébé, ce qui est un deuxième critère. Et il a la tête bien fléchie, le 3° et dernier critère est bon lui aussi. Pour le gynécologue, il n’y a aucun souci. Mais mon dossier doit passer par le staff pour que tous les gynécologues acceptent. Je dois une nouvelle fois attendre quelques jours. Ma date de césarienne programmée approche à grand pas.

J’annule ma césarienne 2 jours avant

2 jours avant ma césarienne programmée j’obtiens l’acceptation de l’hôpital de la prise en charge de mon accouchement par voie basse. J’annule directement ma césarienne, comme quoi c’est possible de changer d’hôpital au dernier moment ! Quelle victoire !

J’ai accouché de mon petit garçon, par voie basse, un matin de mi-novembre.

Il faut persévérer, pour obtenir ce que l’on souhaite !

Cela m’a demandé de la persévérance, de la confiance en moi, d’insister pour obtenir ce que je souhaitais, de demander des avis à plusieurs hôpitaux. Cela m’a pris beaucoup de temps et d’énergie, mais je ne regrette pas car tout est possible. Il faut s’écouter et ne rien lâcher.

Je pense que certaines femmes acceptent les césariennes par manque de renseignements, d’informations. Si je n’avais pas su qu’il était possible d’accoucher par voie basse même quand son bébé est en position de siège, j’aurais accepté la césarienne. J’aurais avancé de 14 jours sa mise au monde, mon début en tant que maman aurait été différent, c’est sûr. Pour moi la façon dont nous venons au monde a déjà un impact sur notre vision de la vie et inconsciemment sur des réactions futures face à des événements. Il me paraît donc essentiel d’informer aux mieux les mamans de toutes les solutions possibles avant de se précipiter sur la césarienne, qui est quand même une opération chirurgicale !

Evidemment je respecte, toutes les femmes qui ont accepté la césarienne programmée, je ne juge absolument pas. Je parle ici du fait que certaines n’en ont pas envie mais ont l’impression de ne pas avoir le choix car par moment les médecins ne nous informent pas de toutes les solutions.

Merci d’avoir lu mon histoire, et n’hésites pas à commenter si tu as des questions par rapport à l’accouchement, à me donner ton point de vue.

Et toi ? Tu en es où dans ta grossesse, as-tu déjà choisi ta maternité ?

Quel accouchement as-tu vécu ?

Réponds moi en commentaire, je serais ravie de te lire 🙂

Image à la une photographiée par : © Yohann Kersalé

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10 commentaires

  • Pierre-Favre

    Sympa ton témoignage! Dans notre cas, pour nos deux enfants, on a constaté que si les sage-femmes (et le maïeuticien ;-)) étaient au top, j’entend par là très attentifs aux souhaits et demande de ma femme, les autres professionnels avaient une tendance à “savoir mieux que toi ce qui est bon pour toi” et à vouloir l’imposer. Alors je plussoie, il faut parfois insister, surtout si l’on sait que les choix qu’ils font sont fait pour leur commodité à eux…

  • Anne-Claire

    Quelle expérience ! C’est vrai qu’il faut se renseigner et être tenace avec le milieu médical. Et par expérience de 3 césariennes, la période post-accouchement est beaucoup plus fatigante.
    Alors, suivez bien, Mesdames, le chemin de Jeanne.
    Merci beaucoup Jeanne pour cet article éclairant !

    • Jeanne

      Waw 3 Césariennes ! Je te dis Bravo pour ce que tu as du vivre les premiers jours de tes enfants. En effet, j’ai entendu que c’était plus long de se remettre d’une césarienne. Ma sœur va écrire un article à ce sujet bientôt sur le blog.
      Merci à toi, Anne-Claire, de m’avoir lu jusqu’au bout 🙂

    • Jeanne

      Bonjour Valentine,

      Merci pour ton passage sur cet article, et ton petit mot qui me fait plaisir !
      J’espère en effet que cela aidera des futures mamans. 🙂

  • Luce

    Super article!
    Il est rempli d’informations et ça montre bien qu’en se renseignant et en allant voir différentes personnes on peut avoir une plus grande marge de décision !
    Merci d’avoir partagé ton expérience et bravo 😀

  • Thual

    Bonjour,
    Merci pour ce témoignage! Je suis surprise de ce que je lis… contente de voir que la césarienne n’est pas une fatalité si l’on à toutes les conditions nécessaires à la réalisation d’un accouchement par voie basse.
    Quand j’ai commencé à lire l’article je me suis dis que si on m’annonçait que je devais accouché par césarienne je dirais oui, maintenant je vois les choses différemment et j’espère tomber sur des professionnels qui pourront m’accompagner au mieux.
    À bientot! 😊

    • Jeanne

      Bonjour Eva,
      Merci beaucoup pour ton commenaire, cela m’a fait très de te lire.
      Je suis contente que mon expérience te permette d’avoir une vision élargie des manières et des choix concernant l’accouchement.
      J’espère aussi pour toi que des professionnels t’écouteront et te soutiendront dans tes choix, en tout cas n’hésite le moment venu à revenir vers nous. Nous nous feront une joie, de répondre à tes questions et de suivre ta grossesse et ton accouchement, ainsi que ta vie de maman 🙂
      A bientôt 😉

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