Allaitement

Comment j’ai vécu mon début d’allaitement, les croyances que l’on choisit

Aujourd’hui je vais vous parler de mon début d’allaitement qui ne fut pas simple. Je pense d’ailleurs, que nous avons été nombreuses à trouver le début de l’allaitement difficile.

La blogueuse ellesenpalent a d’ailleurs eu le courage de partager son expérience, elle aussi, en toute honnêteté sur Instagram. Son témoignage fait partie de ceux que j’aime lire, exprimer le bonheur mais aussi les difficultés que l’on rencontre lorsque l’on devient maman est important pour rester en lien avec la réalité (qui ne correspond pas toujours à ce que l’on avait imaginé !)

Je vous avoue que je ne m’étais pas renseignée plus que ça sur le sujet de l’allaitement avant d’accoucher. Et pourtant, ma sœur m’avait prévenue que ce n’était pas facile à mettre en place et elle m’avait conseillé de lire le livre « L’allaitement, de la naissance au sevrage » du Dr Marie Thirion. Mais lorsque j’étais enceinte, je vivais sur un petit nuage et je pensais que tout irait comme sur des roulettes. Je me disais « pourquoi est-ce que cela serait compliqué ? ». Je sentais au plus profond de moi, que j’étais faite pour avoir des enfants, que tout serait merveilleux et d’une simplicité qui me faisait rêver…

Mais, retour à la réalité, je suis descendue de mon nuage !

La première tété retardée

Lorsqu’Aaron est né, je l’ai pris sur moi mais je ne l’ai pas tout de suite mis au sein, je n’arrive même pas à comprendre pourquoi je n’ai pas eu ce réflexe. Tout allait déjà très vite. Pour d’autres raisons que je vous expliquerai plus tard, nous n’étions pas seuls car des proches nous attendaient (à l’affût derrière la porte de la salle de naissance, si si c’est vrai, bonjour l’intimité !) et il a fallu attendre un long moment avant que je sois seule avec mon nourrisson, et donc, sans l’intimité de la découverte de mon enfant qui venait de naître, je n’arrivais même pas à penser à le mettre au sein, j’avais besoin d’être seule avec mon enfant. Tout était nouveau à ce moment-là, et on n’avait pas de mode d’emploi. Il m’est arrivé de regretter ces premiers moments, qui ne se sont pas passés comme je l’aurais souhaité.

Mon bébé ne prenait pas bien le sein

J’étais en train de réaliser que mon fils était parmi nous. Et puis lorsque nous fûmes enfin seuls, je fus aidée par de nombreuses aides-soignantes pour l’allaitement. Elles m’ont expliqué comment le mettre au sein, elles le mettaient elles-mêmes parfois. Mais je ne sais pas pourquoi, ni comment expliquer, je ne comprenais pas grand-chose. Quand je le mettais au sein toute seule, elles me disaient que mon fils tétait mal, et qu’il ne prenait rien. Notre fils était petit, il pesait 2.8kg à la naissance, l’allaiter était donc très important pour les aides-soignantes car il devait prendre du poids. Je rejoins l’avis d’@ellesenparlent sur le fait que cela met une pression et un stress sur nous les mamans car je devais absolument lui donner mon lait pour “qu’il remonte la courbe“. Le poids de bébé est une source de grande vigilance pour le personnel soignant, cela peut se comprendre.

On lui a donné du complément de lait

J’ai mis un peu plus de 3 jours avant d’avoir ma montée de lait, et nous avons dû lui donner du complément pour être sûrs qu’il soit bien nourri. Ce fut dur pour moi d’accepter de lui donner autre chose que mon lait. Nous lui avons donner du lait à l’aide de notre petit doigt et d’une seringue, et enfin j’ai dû mettre un bout de sein en silicone, car je cite ce qu’on m’a annoncé à la maternité : “votre mamelon est trop plat pour que votre fils prenne bien”. Est-ce qu’on vous a dit aussi ce genre de phrases que je trouve culpabilisantes et surtout qui n’aident pas ? Ce bout de sein en silicone n’a pas été la panacée car ce n’était pas facile non plus d’utilisation et avec le lait il avait tendance à glisser.

Le début de l’allaitement un bonheur ?

J’ai mis au moins 15 jours à mettre en place un allaitement efficace. Et contrairement à ce que j’avais imaginé, ce n’était pas le bonheur immédiat quand j’allaitais. On m’a toujours dit : “Ah l’allaitement c’est magique…, merveilleux etc…”, je ne ressentais pas ça les 2 premiers mois… je me demandais si je n’étais pas bizarre et anormale du coup. J’avais l’impression de ne pas être une mère assez aimante lorsque je pensais ça. Pourquoi est-ce que je me plaignais alors que le bonheur était en même temps dans mes bras ? Sacré paradoxe de la vie. Je me dis qu’avec le temps les femmes doivent oublier les moments difficiles, pour omettre de nous en parler !

Ce fut psychologiquement difficile de passer 40 minutes à donner le sein toutes les 2 heures, se lever au moins 3 fois par nuit… Vous comprenez bien qu’avec la fatigue, les émotions positives sont moins présentes, par contre le stress et l’irritation était bien plus présents. Je joue la carte de l’honnêteté. Mais il est vrai que vers la fin, j’ai été très contente d’allaiter et je ressentais la joie de nourrir mon enfant dans la douceur, la simplicité. Lorsqu’Aaron a arrêté de téter, j’ai accepté sa décision même si parfois je me dis que j’aurais voulu continuer, car c’était un moment de câlins et de complicité. Nourrir son bébé est aussi merveilleux. Et je suis contente d’avoir persisté et réussi.

J’allaitais avec 3 coussins pour être plus ou moins confortable. Je regrette de ne pas avoir eu mon beau fauteuil à l’époque. Un fauteuil avec accoudoir est super important lorsque l’on allaite pour protéger son dos et la fatigue du corps qui n’a pas retrouvé la musculature d’avant. Les postures sont essentielles pour prendre soin de soi. Si cela vous intéresse, allez voir tous les conseils du Dr Bernadette de Gasquet. Ces livres sont à connaître et les postures à mettre en pratique pour se protéger dans la durée.

Il faut donc savoir que la mise en place de l’allaitement (surtout pour un premier enfant) n’est pas automatique, c’est tout un processus qui prend un certain temps. La découverte de son corps, de nouvelles fonctionnalités inconnues jusque là, ce n’est pas évident, loin de là. Personnellement, si je peux me permettre un conseil, il faut anticiper aussi sur le moment où bébé va arriver, où il sera là dans les bras et savoir que le peau à peau avec maman et papa est nécessaire et le mettre au sein le plus vite possible. Etre au calme, ne pas être à gérer les émotions de la famille, si possible exiger de la famille qu’elle ne vienne que lorsque les parents et surtout la maman est prête.

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